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FÉDÉRATION / SYNDICAT

Marché immobilier 2023 : lourde chute des ventes, à 875 000 transactions

Loïc Cantin

Selon la Fnaim (Fédération nationale de l'immobilier), les transactions immobilières ont accusé une baisse de plus de 20 % en 2023 versus 2022. C'est la plus lourde chute jamais enregistrée, sur douze mois glissants, depuis le milieu des années 1970 par le marché immobilier hexagonal dans l'ancien, a annoncé, mardi 16 janvier 2024, Loïc Cantin, président du syndicat professionnel. En 2024, la chute se poursuivrait, proche des 10 %.

Jamais les ventes de logements, dans l'immobilier existant, n'avaient enregistré, sur douze mois, une chute aussi sévère depuis 50 ans. -22 % : c'est le repli historique du volume des transactions qu'a accusé le marché immobilier français en 2023, avec 240 000 ventes de moins sur 12 mois glissants, a déploré, mardi 16 janvier 2023, Loïc Cantin, président de la Fnaim (Fédération nationale de l'immobilier).

Volume transactionnel : un bon en arrière de sept ans

Avec environ 875 000 actes authentiques signés, « nous avons fait un bond en arrière de sept ans, a-t-il poursuivi. Le logement est confronté à un retournement de marché inédit. » Pour expliquer ce repli du marché, la Fnaim met en avant l'effet combiné de l'inflation et de la hausse des taux d'emprunt, conjugué aux difficultés croissantes rencontrées par les Français pour accéder au crédit immobilier. « En deux ans, ils ont ainsi perdu 15 % de pouvoir d'achat immobilier », a-t-on constaté à la Fédération nationale de l'immobilier.
Pour 2024, pas d'amélioration en vue sur le front des transactions : « Nous prévoyons une nouvelle baisse de l'ordre de 10 %, a tablé le président de la Fnaim, ce qui ferait atterrir le marché à 800 000 ventes sur l'ensemble de l'année. »

Évolution des prix : - 5,7 % à Paris

Côté prix, après des années de hausse sur l'ensemble de l'Hexagone, la plupart des régions de France ont, l'an passé, enregistré une baisse. A Paris, tout d'abord. Conformément aux données du réseau Century 21 France qui a annoncé, le 8 janvier dernier, une baisse des prix dans la capitale de 5,5 % par rapport à 2022 (avec des délais de vente qui ont explosé, pour atteindre 96 jours, contre 80 un an plus tôt), la Fnaim indique, pour sa part, un repli du prix au mètre de 5,7 % en moyenne sur l'ensemble des 20 arrondissements parisiens, pour passer ainsi en-dessous de la barre 10 000 euros le m² (à 9 774 €).

Et la Fnaim de poursuivre : « Les prix sont en baisse dans la majeure partie du territoire, en particulier dans les grandes villes. » Quelques exemples : -6,3 % à Lyon, -5,3 % à Bordeaux, -5,7 % à Nantes, -4,8 % à Strasbourg, -4 % à Lille ou encore -3,4 % à Nancy, -2,9 % à Rennes et -2,3 % à Saint-Etienne (on notera que le Top 10 des villes de province affiche -2,6 % sur les douze mois glissants de 2023).

Les régions littorales font de la résistance

Il n'empêche : dans ce contexte national de contraction des prix, certaines villes du pays, très majoritairement situées sur ou proches des littoraux, ont, en revanche, fait preuve d'une belle résistance, dont Perpignan (+2,6 %), Montpellier (+1,4 %), Nice (+3,3 %), Brest (+2 %) ou encore Le Havre (+1,9 %). Quant à 2024, la baisse des prix se poursuivra à l'échelle nationale, a assuré Loïc Cantin, et sera comprise entre -4 % et -6 % selon les territoires. « La baisse va s'accélérer, et particulièrement dans les grandes villes », a précisé le président de la Fnaim.
Sur le marché de la location, et compte tenu du blocage du marché de la transaction, « la pénurie de biens à vendre s'accompagne désormais d'une pénurie de biens à louer, constate-t-on à la Fnaim. Nous sommes ainsi passés d'un marché d'opportunité à un marché d'utilité. »

887 défaillances d'entreprises en 2023

En 2023, le marché de l'immobilier hexagonal a recensé quelque 32 000 agences immobilières ou administrateurs de biens comptant au moins un salarié. « Ces professionnels de l'immobilier ont réalisé, l'an passé, 62 % des transactions de logements et ont géré environ 35 % des locations vides du secteur privé. Malgré le contexte difficile, l'immobilier a généré 19,4 milliards d'euros de chiffres d'affaires en 2023 », relève la Fnaim. Dans le détail, deux tiers de ce chiffre d'affaires a été réalisé par les transactions, et le reste par l'administration de biens. Mais comme précisé, et eu égard à la morosité des affaires sur le front des transactions, les défaillances d'entreprises, sur le secteur, sont en fortes hausses : alors que 887 agences immobilières ont mis leurs clés sous la porte en 2023, ce chiffre pourrait grimper à près 1 400 en 2024. 1 400, c'étaient précisément le nombre de défaillances d'entreprises que la filière avait enregistré en 2009, suite à la crise des subprimes.

Photo | Loïc Cantin

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